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title: "Fond perdu, marges et traits de coupe : explications"
description: "Trois zones dans un même fichier : à quoi servent les 3 mm de fond perdu, où placer les traits de coupe, et pourquoi une marge n’est pas un fond perdu."
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# Fond perdu, marges et traits de coupe : explications

Fond perdu, marges et traits de coupe décrivent trois zones différentes d’un même fichier, et les confondre coûte une reprise. Une carte de visite dont le fond bleu touche le bord le montre aussitôt : si le fond s’arrête exactement au format fini, la moindre variation de coupe laisse un liseré blanc sur un côté.

Ces trois notions se règlent à la configuration de page, pas à l’export. C’est précisément ce qui les rend faciles à oublier jusqu’au moment où l’imprimeur renvoie le fichier.

## Trois zones dans un même fichier

Le format fini, ou format de coupe, est la dimension de la page une fois le papier découpé. Un A4 fini mesure 210 × 297 mm, et c’est cette mesure que verra le lecteur.

La zone de sécurité, ou surface utile, est le format fini diminué des marges. Avec 5 mm de marge sur chaque bord, un A4 laisse 200 × 287 mm pour le texte et les éléments qui ne doivent pas frôler la coupe.

Le fond perdu, lui, déborde à l’extérieur du format fini. Il n’appartient pas à la page telle qu’elle sera lue : il donne de la matière à la lame. Marge et fond perdu vont donc dans des directions opposées, l’une vers l’intérieur, l’autre vers l’extérieur.

## Les chiffres qui évitent les allers-retours

Trois millimètres de fond perdu sur chaque bord transforment un A4 en une feuille de 216 × 303 mm, soit 65 448 mm² au lieu de 62 370 mm². La surface ajoutée n’est que de 3 078 mm², et elle suffit à couvrir le jeu de coupe.

La valeur elle-même est une convention, pas une règle. En Europe, 3 mm est l’usage courant ; aux États-Unis, on rencontre plutôt 0,125 pouce, soit 3,175 mm. L’écart vaut 0,175 mm par bord, ce qui paraît négligeable et devient visible sur un aplat sombre en bord de page.

Les picas servent à exprimer la même géométrie dans l’unité des logiciels de mise en page. Un pica vaut 12 points, soit 4,233 mm, et un A4 mesure environ 49,6 × 70,2 picas. Voilà pourquoi les champs de largeur, de hauteur et de marge s’affichent en nombres à virgule.

La résolution, enfin, se calcule toujours à la taille finale, fond perdu compris pour les éléments qui le traversent. [DPI ou PPI : quelle différence ?](/fr/guides/dpi-ou-ppi-quelle-difference/) détaille ce calcul.

## Des marques qui restent à l’extérieur

Les traits de coupe indiquent à la lame où passer. Les traits de fond perdu indiquent où s’arrête la zone imprimée au-delà du format fini. Les deux familles se placent à l’extérieur du format fini, dans une zone qui sera rognée.

Leur position exacte relève du gabarit fourni par l’imprimeur, pas d’un réglage universel. La règle, elle, ne souffre pas d’exception : une marque tracée à l’intérieur du format fini s’imprime sur la page. Elle ne guide personne, elle salit le document.

Un fond perdu ajouté après coup, en agrandissant la page exportée, ne remplace pas un fond perdu prévu dès la composition. Il décale tout le contenu au lieu de prolonger les aplats.

## Ce que l’éditeur règle, et ce qu’il ne règle pas

L’[éditeur de mise en page](/fr/outils/editeur-mise-en-page/) expose la géométrie dans son panneau de propriétés : largeur, hauteur et marges, exprimées en picas, avec pages en regard et ajustement de la mise en page. Les marges font partie de la configuration du document, et l’ajustement déplace les blocs quand la géométrie change.

C’est le terrain où ces trois notions se manipulent au quotidien. Une page en regard se conçoit avec des marges intérieures plus larges, et l’ajustement évite de replacer chaque bloc à la main.

La limite doit être dite clairement. Cet éditeur n’ajoute ni fond perdu, ni traits de coupe, ni zone de rognage, et il ne propose pas de contrôle avant envoi. Il permet de composer et de régler les marges au bon endroit, pas de produire un fichier d’impression complet. Ses sorties restent internes : un fichier `.designcraft` à l’enregistrement, un PNG à l’export d’une page. Le passage au format d’échange appartient à un autre outil, ce que décrit [Comment préparer un PDF prêt pour l’impression](/fr/guides/comment-preparer-un-pdf-pret-pour-limpression/).

## Les trois confusions à éliminer

La première consiste à traiter la marge comme un fond perdu. Une marge de 5 mm protège le texte ; elle n’imprime rien au-delà du format. Un fond perdu de 3 mm ne protège aucun texte ; il prolonge les aplats.

La deuxième consiste à présenter 3 mm comme une norme. C’est une convention majoritaire en Europe, à confirmer avec l’atelier, qui peut demander davantage pour un dos collé ou une découpe complexe.

La troisième consiste à croire que les marques améliorent le fichier. Elles l’accompagnent, à l’extérieur de la page, et ne remplacent jamais une déclaration correcte du format et du fond perdu.

Un dernier réflexe aide plus que tous les autres : demander le gabarit avant de composer. Les quatre valeurs à retenir tiennent sur une ligne, format fini, fond perdu, surface utile, origine des marques, et [les guides](/fr/guides/) couvrent le reste de la chaîne.
