DPI ou PPI : quelle différence ?
Deux unités, deux métiers, un seul calcul qui compte : pourquoi « 300 DPI » ne dit rien seul, et pourquoi changer le nombre n’ajoute aucun détail.
Une même image de 3 000 pixels de large paraît nette sur un dépliant A4 et manifestement molle sur une affiche A0. Le fichier n’a pas changé d’un octet. La question DPI ou PPI n’est donc pas un détail de vocabulaire : l’un compte les points d’encre déposés par la machine, l’autre les pixels du fichier.
Confondre les deux conduit à des calculs faux et à des images refusées par un imprimeur. Or la conversion se fait de tête, en trois opérations.
Deux unités, deux métiers
Le DPI, dots per inch, décrit la résolution d’un périphérique de sortie. Il indique combien de points d’encre une imprimante peut déposer sur un pouce de papier. Une valeur de 2 400 dpi caractérise la finesse de la machine, pas la qualité du fichier reçu.
Le PPI, pixels per inch, décrit la densité d’un fichier image par rapport à une dimension physique. C’est la seule valeur qui dépende à la fois du nombre de pixels et de la taille d’impression. La même image peut afficher 363 ppi sur un A4 et 91 ppi sur un A0, sans qu’on ait touché au fichier.
Les deux unités ne se convertissent pas l’une en l’autre. Un imprimeur à 2 400 dpi qui reçoit un fichier à 300 ppi pose huit points d’encre par pixel : la machine travaille finement, l’image reste définie par ses 300 ppi.
Le seul calcul qui compte
Convertissez la largeur finale en pouces, en divisant les millimètres par 25,4. Multipliez par la densité visée. Comparez au nombre de pixels du fichier.
Pour une image de 10 × 15 cm à 300 ppi, la largeur donne 10 ÷ 2,54 = 3,937 pouces, soit 1 181 pixels ; la hauteur donne 15 ÷ 2,54 = 5,906 pouces, soit 1 772 pixels. Une image de 1 181 × 1 772 pixels suffit donc exactement.
L’opération inverse est aussi utile. Une image de 3 000 × 2 000 pixels occupe 10 × 6,67 pouces à 300 ppi, soit environ 25,4 × 16,9 cm. La même image à 150 ppi occupe 20 × 13,33 pouces, soit environ 50,8 × 33,9 cm. Le nombre de pixels n’a pas bougé, la densité si.
Cette densité se calcule toujours à la taille finale, celle qui sortira de la presse. Une image qui traverse un fond perdu s’évalue sur sa largeur imprimée réelle, fond perdu compris. Fond perdu, marges et traits de coupe détaille ces zones.
Pourquoi « 300 DPI » ne dit rien tout seul
« Cette image est en 300 DPI » n’a aucun sens sans dimension physique. Trois cents points par pouce sur quoi ? Une vignette de 2 cm et une affiche de 2 m n’ont pas les mêmes besoins.
Dans la pratique, l’expression désigne presque toujours 300 ppi à la taille finale. C’est un raccourci de métier, pas une mesure. Un fichier de 1 000 pixels de large est à 300 ppi sur 8,5 cm et à 50 ppi sur 50 cm.
Les 300 ppi eux-mêmes sont une convention de travail, pas une exigence normative. Le grand format travaille souvent à 150 ppi, parce qu’une bâche se regarde à plusieurs mètres. La bonne valeur est celle que l’imprimeur demande pour son support et sa distance de lecture.
Changer le nombre ne crée pas de détail
Un fichier image porte un nombre de pixels, et parfois une indication de densité dans ses métadonnées. Modifier cette indication ne change pas le nombre de pixels : l’image reste aussi détaillée, elle est seulement décrite autrement.
Le rééchantillonnage est une autre opération. Réduire une image est sans danger. L’agrandir oblige le logiciel à inventer des pixels par interpolation : le résultat est plus grand, pas plus net. Une image basse résolution ne se répare donc pas, elle se remplace ou s’imprime plus petite.
Ce que l’éditeur de mise en page affiche
L’éditeur de mise en page exprime la géométrie de ses pages en picas : largeur, hauteur et marges, avec pages en regard. L’unité vaut 12 points, soit 4,233 mm, et un A4 y occupe environ 49,6 × 70,2 unités.
Cette unité sert à positionner des blocs, pas à qualifier une image. L’éditeur n’offre ni champ DPI ou PPI, ni affichage de résolution effective, ni contrôle de rééchantillonnage. Il ne dit pas si une image est suffisante pour la taille à laquelle elle est placée.
Le calcul se fait donc à côté, avant l’import ou après l’export. L’enregistrement produit un fichier .designcraft, l’export d’une page produit un PNG : le contrôle de résolution reste manuel.
La méthode en trois lignes
Notez la dimension imprimée finale en millimètres, fond perdu compris si l’image le traverse. Divisez par 25,4, multipliez par la densité demandée. Comparez le résultat aux dimensions réelles du fichier.
S’il est inférieur, l’image est trop basse pour cette taille. S’il est supérieur, elle est confortable, et un recadrage reste possible sans perdre de densité.
Pour la question voisine de l’espace colorimétrique, RGB ou CMYK : quel mode colorimétrique choisir ? traite ce qui se perd au passage. Les guides couvrent le reste de la chaîne graphique.
Questions fréquentes
Un fichier en 300 DPI est-il toujours suffisant pour l’impression ?
Non. La valeur ne veut rien dire sans dimension physique. Trois cents ppi sur une carte de visite et trois cents ppi sur une affiche de deux mètres ne demandent pas le même nombre de pixels.
Agrandir une image augmente-t-il sa résolution réelle ?
Non. Le rééchantillonnage vers le haut invente des pixels par interpolation. Le fichier grossit, le détail ne revient pas, et une image trop basse pour un format le reste.
Combien de pixels faut-il pour une image de 10 × 15 cm à 300 ppi ?
Environ 1 181 × 1 772 pixels. On obtient ces valeurs en convertissant 10 et 15 cm en pouces, puis en multipliant par 300.
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